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 Surréalisme post-moderniste à tendance classique

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Alexandre de Narjac
L'Elephant avec une couronne
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Date d'inscription : 06/01/2014

MessageSujet: Surréalisme post-moderniste à tendance classique   Mar 18 Fév 2014 - 0:50

Les musées, prisons des œuvres, témoignages de talents passés, leur contenu est souvent désuet. Celui de Muzenn fait pourtant exception. Les œuvres présentées ici possèdent encore un souffle de vie, une étincelle de l'éclat qui mena à leur conception.
Ce que je cherchais ici n'était pas une pièce, je cherchais un Artiste. L'expression d'une personnalité attirante au travers de ses créations. Pourtant, le choix de ce Carcaboche (ou quelque chose de ce genre) qui possédait le château ne m'inspirait qu'à moitié. Toutes les œuvres portaient la marque de l'Art exprimé, mais elles étaient anodines, sans danger pour le visiteur.

Rien de la danse flamboyante des passions, rien de l'émerveillement, de l'abandon. L'ennui me gagnait. A quoi jouais-tu, vieil homme ? Cette première rencontre, lors d'une vente aux enchères, était si différente de ce que je ressentais ici, dans ce musée. Où se cachaient les Œuvres, les vraies ? Celles pour lesquelles nous avions lutté, tout en en dédaignant d'autres que les Profanes nous préféraient.

Certes, l'une ou l'autre sortait vaguement du lot. Mais elles étaient naïves, inachevées, brouillons d'artistes en attente d'être confirmés. Je voulais du vrai, du fort, quelque chose pour lequel jouer.
Croyant reconnaître la solitude à l'écho des chaussures italiennes sur le marbre, je laissai échapper quelques mots à voix basse :

« Broutilles que tout cela ! »

Mes yeux avaient contemplés des œuvres bien plus majestueuses. Des idoles aborigènes suscitant des rêves prémonitoires, des peintures qui s'ajustaient à l'observateur, des chorégraphies qui provoquaient le désir ou la peur. Rien de tout cela ici. L'accessibilité aux Profanes impliquait des effets modérés, des Talents dissimulés.

Pris d'une idée, j'attrapai mon portable et composai un court message :

Code:
M. Musée. Intéressé ?

Pas la peine de signer, il avait mon numéro. Et il était assez vif pour comprendre de lui-même. Un regard à ma montre, onze heures et demi. Il serait réveillé. Peut-être...



Dernière édition par Alexandre de Narjac le Mar 18 Fév 2014 - 23:04, édité 1 fois
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Cael Dremm
Le gars aux cheveux violets
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MessageSujet: Re: Surréalisme post-moderniste à tendance classique   Mar 18 Fév 2014 - 16:07


« Monsieur ! Il est interdit de fumer i-… »

Il balance le mégot en arrière. Il ornera le sol trop propre du hall. On n’a plus rien à lui reprocher, c’est bon ? Il lève ses mains, vides. Et continue, sans s’être vraiment arrêté.

« -ci… »

Quelques pas, et il souffle la fumée blanchâtre au visage de la première toile qu’il rencontre. Qu’il déteste déjà cet endroit. Il sort son portable. 11h50. Pas de nouveaux messages. Il avait fait vite, pour une fois. Le fait qu’il errait dans le village lorsque son portable vibra devait aider. Reconnaissance des lieux, appareil photo à la main – faire genre, donner le change. Bien, Alexandre devrait être dans le coin. Il s’étonnait de ne pas entendre quelque fan bruyant à ses côtés.

Le musée était sans doute vide.

Il passe une main dans ses cheveux. Quelques traits violets lui masquaient la vue. Il aurait été dommage de ne pas pouvoir admirer la splendeur exposée des familles, non ? Non. Trois fois non. Cinq, dix, cent fois, même. On s’en fiche. Regardez-moi ces tableaux. À peine de la technique. Je reconnais quelques traits, quelques souvenirs, vagues. Il y a plus de cinq ans. Toujours aussi misérables. Des portraits, des esquisses, des travaux inachevés. Voilà vos brouillons sur lesquels vous exercez vos dons d’imposteurs ? Bande de clowns.

Son regard parcourt les œuvres une à une, souvent toiles et photos. S’il ne semble jamais prendre le temps de profiter, ses yeux inspectent, cherchent, analysent. Il se rappelle ses courts d’arts visuels, ces nombreuses heures forcées pour éviter les situations dérangeantes – pour sa mère, principalement. Et il associe. Réfléchit. Cherche des perles. Pas de celles bientôt adulées. Pas de celles collectionnées. De celles qu’il pourra s’approprier, à dessein.

Rien. Soit. J’me reposerai encore sur quelque attente. Bien qu’on en ai aucune de moi, d’attentes. Tiens, voilà la star. Qui ne signe pas d’autographes ? Waw. J’vais p’tête  pouvoir en avoir un !
Il s’approche. Heureusement qu’il a ce goût prononcé pour le violet, encré jusqu’aux racines. Sans ce détail tape-à-l’œil, leurs silhouettes, leurs visages seraient sans doute trop remarquables, remarqués dans leur similarité. Exposé, vous êtes mieux caché.

Il arrive à ses côtés et sort un paquet de cigarette de sa poche. Une toux peu discrète se fait entendre. D’un mec en noir debout dans un angle. ‘Tain, on est au Louvres ou quoi ? Ils font vraiment surveiller ces trucs ? Il range le paquet dans son sac. Comme si c’était son intention première.

« Sérieusement, ils ont peur qu’on abîme ces laideurs ? »

Ouais, bonjour, tout ça, aussi. J’veux rentrer au manoir.
Voilà.


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Alexandre de Narjac
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MessageSujet: Re: Surréalisme post-moderniste à tendance classique   Mar 18 Fév 2014 - 20:09

Il n'avait pas l'air heureux, il rouspétait. Sourire amusé. Il était quand même venu. Je le détaillai un instant, retardant ma réponse. Il était une énigme, un pourquoi. Je me détournai. Il ne le resterait pas longtemps, autant en profiter encore un peu.

« Que leur manque-t-il pour avoir de la valeur ? »

Il ne s'était pas embarrassé des salutations de base, c'était aussi bien. Elles étaient banales, sans grand intérêt. Leur absence savait en avoir, par contre. Était-ce cela ton don, petit frère ? Susciter l'intérêt ?
Si c'était le cas, tu avais peut-être plus hérité de lui que moi. Ce qui n'était pas réellement un bien, mais Vincent était charismatique, il savait embobiner. Les mots étaient différents lorsqu'il les prononçait. Les gens voulaient lui plaire, le satisfaire. Un beau parleur, multipliant les affronts à sa famille, tué par sa muse au parfum d'éthanol. J'en avais brossé un portrait peu charitable, mais néanmoins objectif, lorsque tu voulais des réponses. Vincent de Narjac n'était pas un homme bien, quel homme bien trahirait les siens comme il l'a fait ?

Tout cela était passé, mais c'était un passé qui m'avait façonné durant plus de vingt ans. Difficile à oublier. Aujourd'hui, pourtant, j'avais une autre préoccupation. Celle pour laquelle j'ajoutai :

« Et que disent-elles sur celui qui les possède ? »

Deux questions impersonnelles. Soigneusement formulées. Elles suffiraient pour une entrée en matière.
Bon joueur, je le laissai décider du ton familier, formel ou aucun. D'autres choses m'importaient.
Comparer sa vision à la mienne, voir ce qu'il était capable de déceler. Et les conclusions qui s'imposeraient. Je voyais ce qu'il manquait, mais j'avais l'avantage, j'avais vu Cappadoce (ou quelque chose de ce genre) les acheter, les véritables. Tiens, ça ferait un joli nom pour un tableau...

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Cael Dremm
Le gars aux cheveux violets
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MessageSujet: Re: Surréalisme post-moderniste à tendance classique   Mar 18 Fév 2014 - 21:52


Un peu de sérieux. Okay.

C’est l’avantage d’Alex. J’sais pas si j’peux en parler comme d’un grand frère – j’ai aucune idée de ce que c’est, en fait. Mais. Mais il est là, malin, joueur. Il a du talent. Pas celui dont on parle ici. Il change. Il fait une bonne transition. Entre Muzenn et la vie profanne. Cael avait encore du mal, il oscillait. Ne supportait pas rester à l’écart, en sachant trop, et s’insupportait d’être au cœur de ce qu’il méprisait. De ce qu’il méprise. Ces Artistes dénués d’Art.

« Ils ont la technique. Ils ont le savoir-faire. On reconnait facilement la volonté des auteurs. J’peux pas dire le contraire. Si on prend ce tableau, le trait est sans bavure, les couleurs irréprochables. Si réaliste. Un putain de tableau réaliste. On dirait une photo…. Mais une photo comme ça, qui en voudrait ? »

Il va d’un cadre à l’autre, s’arrête parfois pour observer une sculpture sous un angle incongru. Soupire. Soupire et soupire encore. Il s’arrête au milieu de la salle, tourne sur lui-même, déclame, d’un ton provocateur, presque agressif.

« Nan, je concède. Beaucoup achèteraient ces pièces. Parce qu’elles sont faites pour ça. Ils savent qu’ils seront exposés. Ils savent que leur Don suffit ici. Qu’ils auront un nom. Pour les yeux des autres, ils auront un nom, dont on se vantera lors de dîners mondains, à exposer sa toile nouvellement acquise d’un Artiste prometteur – que de promesses. Mais ces Artistes sont des lâches. Parce que leur Don. Parce que Muzenn. Parce que Cape d’os a hoché la tête. »

Il y avait du monde, en fait.

En plus du vigile. Quelques profanes, ou bien des artistes inconnus en quête d’inspiration ? Peut-être même un ou deux narcissiques venus recueillir les impressions d’un public qui n’y connait rien. Alors Cael leur parle à eux, tous. Autant qu’à Alexandre. Non. Plus encore.

« Ils manquent de cette touche qui vous donne envie de brûler la toile. Pas parce que le peintre est incompétent – croyez-moi, sinon, l’incendie aurait déjà pris. Mais parce que c’est la toile qui vous brûle, de l’intérieur. Qui vous dérange, vous désordonne. Casse un fragment de vous que vous pensiez immuable, pour le recoller dans une forme plus spectaculaire, plus vivante. Pas un truc pour les bourges. Pas un truc pour l’élite, seulement. Pas quelque chose qui plaira à coup sûr. Mais quelque chose qui restera. En tout le monde. Pour tout le monde. Contre tout le monde. Voilà ce qui leur manque, à nos génies du premier étage. Du mouvement de l’intérieur. »

Dit celui qui passa cinq années à fuir, éviter le contact, éviter la confrontation. Il range son briquet, sorti sous le feu du discours, au ton violent. Haineux. Jaloux. Les quelques spectateurs devaient lui associer nombre de ces adjectifs. Et ils n’auraient pas tort. Mais il savait se faire ces reproches seul. Il savait que ça s’appliquait aussi à lui.

Finalement, j’vais p’tête rester. Histoire de me bouger.


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Alexandre de Narjac
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MessageSujet: Re: Surréalisme post-moderniste à tendance classique   Dim 23 Fév 2014 - 22:03

Drama queen. Je me pris à sourire. Une part de moi était plutôt fière de lui, il voyait où je voulais en venir. Ne lui manquait que le mot pour le définir.
Un murmure inaudible, « une âme ». C'était la chose qui manquait réellement à ces œuvres d'artistes immatures. L'Art, le vrai, mûrissait dans la souffrance, la douleur, la frustration, la folie. C'était ce qui lui donnait une force et rongeait son auteur comme une maladie. La passion, furieuse, sans compassion.

Comme celle qui imprégnait ses paroles adressées au monde entier plus qu'à ce public interloqué. C'était étrange à dire, mais il y avait plus de lui dans ce discours que dans tout ce qu'il aurait pu décrire en plusieurs jours. Nos œuvres sont notre reflet, nos joies, nos peines, nos doutes et nos convictions. Toutes consumées pour alimenter le feu de la création.

La situation était risquée, je voyais bien les vigiles s'agiter. Pourtant, il ne servait à rien d'intervenir. Pas sur le devant de la scène, ce n'était pas ma place. Ce ne le serait peut-être jamais. Agir en coulisses était déjà plus ma tasse de thé.

Quelques mots griffonnés suffiraient à dissuader nos cerbères de montrer les crocs. Une simple note tendue, quelques phrases dépourvues de sens, mais pleines de sous-entendus. Le tour serait joué. De toute manière, il n'y avait rien à ajouter. D'autres paroles après ce discours enflammé paraîtraient trop pauvres et trop fragiles pour être entendues.

Les mots sont ainsi. Faibles et puissants à la fois selon la manière dont ils sont employés. Je les préférais écrits, il les préférait parlés. Pourtant, les mots restent les mots. Ils sont notre héritage et il aura beau lutter tant et plus, il ne pourra pas gagner contre ce legs de notre lignée.

Plus de quatre siècles que les de Narjac sont des Prederi, on ne peut lutter contre la force du sang. Elle nous a valu notre nom et la grâce d'un souverain. Même un bâtard de notre lignée possède en lui cette marque indélébile.

Mais trêve de philosophie, observer Cael à l’œuvre était peut-être enrichissant, cela n'en effaçait pas moins certains besoins primaires.

« Si rien ici n'a de valeur, pourquoi ne pas en chercher auprès de leurs cuisiniers ? »

Une leçon de vie importante. Tout homme, quel qu'il soit et quoi qu'il prétende, connait la faim.
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Cael Dremm
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MessageSujet: Re: Surréalisme post-moderniste à tendance classique   Mar 27 Mai 2014 - 17:30


Dremm-a Queen.*
Dremm. Ça veut tellement rien dire, un nom de famille. Pourquoi surgit-il, d’un coup ? Il reprend son souffle. Le visage déformé par un rictus narquois, son corps oscillant au gré de ses inhalations. Il regarde autour de lui, on évite de soutenir son regard. Tant mieux, le spectacle est fini. Le musée à retrouver son habituel inintérêt, circulez.

Narjac. Tant qu’on est dans les noms, hein. Cael de Narjac. Ça sonne bien. Une particule, un talent reconnu, et pas de faux semblants. La vie de rêve. Si on enlève le père alcoolique et le frérot surdoué. Ouais, bon. Vivre anonyme et sans attente, sa vie ne reposant plus sur une supercherie, ça pouvait aller. Sérieux, ça pouvait m’aller. Va vivre anonymement avec un nom pareil. Quoi ? « J’aurais pu » ? ‘Tain, comme j’ai essayé. J’peux juste pas. Pas. Parce que.

Dremm. Encore ?! Qu’il arrête de surgir, ce nom. J’sais comment j’m’appelle, borde-… Ohh. Dremm. Juste là. Cael se calme, net. Il fait face à un tableau simple, contrasté. La technique n’est pas impressionnante. Voilà, pourquoi. La seule raison qui me fait pas rejeter cette famille de barges. Maelys. Un énorme requin, aux yeux lumineux, aux dents plus éclatantes encore.

« Tu veux voir qui peut mordre le plus fort ? ~ »

Où va-t-elle pêcher une telle inspiration ? Hum. Sans le trait d’esprit, cela reste une bonne question. Qu’est-ce qui la motive ? Elle perpétue la tradition, ce fardeau qu’il n’aurait jamais su porter. Est-ce qu’elle pense à lui ? Est-ce qu’il a raison de penser que la créature ne déchirera pas son bras s’il tend la main pour caresser l’animal ? Trop de questions. Trop de temps passé. Narjac va réagir. Demi-tour, diversion.

« Vous plaisantez, j’espère ? Si les cuisiniers sont au niveau des peintres, j’veux bien crever de faim. »

Il entame sa sortie. Toujours sous les yeux attentifs de son public – un vigil. Il sort ses cigarettes. Et le gorille tousse encore. Ça va, j’ai compris. L’une d’elles vient se glisser entre ses doigts. Un problème ? Le paquet est rangé. Le briquet non. Ah. Il bouge. Une flamme. Il va parler. Mais avant.

« Vous savez que je suis ici chez moi ? »

Non ? Muzenn appartient à tous les Artistes, un truc du genre. Jusqu’à ce que je sois le seul à m’en emparer. J’en ferais sans doute cadeau à Alex. Mais j’suis pas sûr qu’il aime les cendres. Flamme. Le gardien des œuvres est resté juste un temps à chercher sa légitimité, assez pour que la question ne se pose plus. Il est déjà sorti du musée. En train de fumer.

« Si tu souhaites de la valeur, va la chercher là où ça vit. Oublie les cuisines. On va manger en ville. »


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