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 Carnet d'écriture

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Le Clown
J'ai un gros nez rouge, deux traits sous les yeux
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Messages : 50
Date d'inscription : 14/01/2014

MessageSujet: Carnet d'écriture   Lun 17 Fév 2014 - 9:07

Le Clown avait déjà fait une brève apparition dans mes textes avant de devenir un personnage RP. J'en profite alors pour vous proposer de poster ici les textes que vous écrivez avec vos personnages, mais qui n'ont pas de place dans les RPs, que ce soit des flashbacks, des morceaux d'histoire que vous n'avez écrit que pour vous, ou, qui sait, des textes qui dévoileraient un morceau de futur, ou seraient transposés dans d'autres styles pour vous amuser (pièce de théâtre ? Poème ?). Quoiqu'il en soit, voici - je précise simplement au passage que le clown, s'il est un homme dans ce texte, ne l'est pas forcément sur Muzenn :



- Approchez, approchez !

Les quilles montaient et descendaient, au dessus des chapeaux des passants, esquisses blanches à la lisière des regards, apparaissant disparaissant entre les mains du magicien. La voix, nasillarde, perçait elle aussi dans la rue crasseuse avant de disparaître et de se remettre à piailler.

- Hop, hop, hop… Z’avez vu comme ils volent, mes z’oisilleaux ?

La quille fusa soudain vers le ciel grisaille, avant que des doigts habiles, dépassant de gants rapiécés, ne s’y raccrochent. Sur le trottoir d’en face, les pressés continuaient à avancer d’un pas rapide, se frayant un chemin dans la foule ; mais autour de lui, place s’était faite. Un cercle de galets, sans le moindre mouvement humain, et lui, au centre, avec ses « oiseaux » qui tournoient. Les yeux se fixaient sur son visage blêmi par la craie, glissaient sur son sourire aux lèvres foncées, sans y trouver, pourtant, la joie de ses propos. La poussière bleue fardait ses pommettes et ses paupières, et son visage d’homme, ainsi maquillé, perdait de sa virilité. On l’appelait Le Clown, et il se présentait comme tel, déridaient les badauds de la place un peu plus loin en se tournant lui-même à la dérision. Un petit garçon tourne son regard vers lui, s’arrête, émerveillé ; sa mère tire fermement sur sa main, pour attirer son attention sur le chemin à suivre, impatiente d’arriver, et pas du tout impressionnée par les tours de passe-passe du clochard. Qu’est-ce qu’on en a à faire, de ce clown – il devrait se trouver quelque chose d’utile à faire, au lieu de jongler au coin de la rue tous les trois matins. Une autre femme, potelée, les cheveux frisottant malgré son attache et le bas de sa robe lilas tâchée de boue, laissa mollement quelques piécettes tomber au fond de son gobelet de fer ; il faut bien vivre, de nos jours, et l’on fait comme on peut. Le Clown fit un pas en avant, dans un mouvement leste, interrompu trop tôt.

- Mais que vois-je ! Une princesse qui passe au milieu des fagots, le visage illuminé d’une beauté sublime, des joyaux à la place des yeux, et quel port, quelle grâce !

La généreuse se tourna vers le poète, un sourire flatté sur le visage ; elle se savait laide, mais hocha la tête au remerciement du Clown, qui retira son chapeau pour lui faire la révérence, tout en attrapant chacune des quilles qui retombaient de son autre main ; une entre chaque doigt. Ils ne se connaissaient pas ; et pourtant, un regard, et comme une complicité, déjà. Les yeux tristes du Clown se plissèrent d’affection, de reconnaissance, de plaisir, et ses lèvres s’étirèrent à nouveau. Après les quilles, les balles, de toutes les couleurs, et puis c’est un soleil qui tourne sur le gris des nuages, une pomme, une prune, et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La bleue jaillit, hors de ses longs doigts blancs dépassant de ses gants noirs, forma un pont dans l’air matinal, vint frapper une épaule, en dessous d’une crinière châtain-roux. Les yeux, camouflés sous un barrage de cils, et sous l’arcade sourcilière, se levèrent soudain en même temps que le menton, pointé jusque là au creux du cou laissé à nu. Aussi gris que le temps, les yeux, mais beaucoup plus violents. Les lèvres serrées, les sourcils légèrement froncés, le visage fermé, pâle sous les tâches de rousseur qui recouvraient ses pommettes et son nez froncé, l’adolescente attrapa la balle, qui avait roulé pour se coincer entre sa taille et sa sacoche, et elle la renvoya, hargneusement.

- Apprends à viser, benêt.

Coup au torse ; le Clown réussit, tant bien que mal, à rattraper la balle avant qu’elle ne roule par terre. Peut-être fut-il blessé, mais sous son maquillage, difficile d’en être sûr ; il fit une grimace, pourtant, quelques gestes théâtraux comme s’il agonisait sous le coup, et tenta d’attirer la sympathie de son audience ; audience peu complaisante, dont trois ou quatre membres, après un dernier regard de pitié, abandonnèrent là le pauvre homme. Le Clown chercha à retrouver celle qui avait craché ses paroles avec tant de mépris, mais la chevelure de feu n’était plus nulle part en vue. Il reprit, plus lentement, ses pitreries ; mais les premières gouttes de pluie se mirent à tomber, et l’averse eut tôt fait de disperser les flâneurs. Il resta, seul, à fixer sa balle jaune, pomme d’or sans éclat, et qui prenait l’eau autant que ses vêtements.
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MessageSujet: Re: Carnet d'écriture   Ven 28 Fév 2014 - 15:26

   Clélia a ce qu'il appelle son visage conventionnel. Celui qui ressemble à une signature, à un Bien à vous, Clélia J. Delaunay. Elle n'a pas retiré ses gants - elle ne reste pas. Et soudain, il sait que c'est pour ce soir.
- Je te fais un thé ? essaie-t-il pourtant, parce qu'il est de ceux qui essaient.
   Clélia secoue la tête, un geste infime. Et puis, elle s'asseoit, tout au bord du fauteuil - elle ne reste pas. Elle triture la bordure de sa manche.
- Tu sais, reprend-il, je pourrais t'enfermer ici. Je pourrais t'attacher, te couper les mains, t'empêcher à tout jamais de tenir un crayon.
   Elle rit. Chaque fois - c'est rare - qu'elle rit, il pense qu'il lui offrirait le monde si elle le lui demandait. Mais le monde, elle le possède déjà, le gomme à sa convenance.
- Ne sois pas mélodramatique. Nous étions d'accord.
- Il y a prescription.
- Vraiment ?
   Parfois, il a terriblement envie de la couvrir d'injures, mais alors, elle lui fait ces yeux-là ; fillette, fillette, elle n'a pas dix-sept ans, que peut-il attendre d'elle ?
- Clélia, réfléchis.
- Je ne fais que ça. Je suis épuisée. C'est trop compliqué, trop absurde.
- Je te hais, tu en es consciente ?
   Elle a baissé les yeux, et il devine qu'elle pleure. La prendre dans ses bras, l'affaire d'un instant.
- C'est dans moi, murmure-t-elle contre son épaule, dans ma tête, mon estomac, partout et constamment. Il faut que cela cesse. Pardonne-moi. Tu sais que je voudrais n'avoir jamais appris et n'avoir pas le choix.
   Le nez dans ses cheveux, il le lui dit, combien elle lui manquera.
- Non, sourit-elle, un sourire tordu. C'est bien ça qui est miraculeux.
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Alexandre de Narjac
L'Elephant avec une couronne
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Messages : 45
Date d'inscription : 06/01/2014

MessageSujet: Re: Carnet d'écriture   Lun 14 Avr 2014 - 20:56


"Alexandre. Alex Cendres. Ah les cendres ! Ces cendres là ? "Cinder", et là ?
Je ne suis pas une princesse aux souliers de verre, il semblerait que j'exagère."

- Alexandre de Narjac, écrivain à succès, se retrouvant à écrire des inanités.

(comme quoi, même les meilleurs ont leurs moments de faiblesse)
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