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 Viens on va jouer dehors

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Jeanne d'Outreleau
Scotch double face
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Date d'inscription : 22/01/2014

MessageSujet: Viens on va jouer dehors   Jeu 6 Fév 2014 - 16:44

Il y avait foule, ce soir-là, et il était difficile de marcher sans pousser personne même s'il ne faisait pas encore nuit. En fait, à bien y réfléchir, Jeanne piétinait davantage qu'elle ne marchait, et la main de sa petite sœur dans la sienne qui lui filait des décharges électriques n'arrangeaient pas les choses… Elle aurait voulu la lâcher, elle l'aurait fait, en temps normal, vraiment, mais sa mère lui avait dit de garder les doigts de Victoria serrés entre les siens pour ne pas la perdre parmi le monde. N'était-elle pas assez grande pour les suivre sans avoir à l'attacher ? On est grand, à seize ans, elle n'avait pas besoin qu'on fasse si attention à elle, si ? On avait pas été aussi prévenante, avec Jeanne, ça, elle en était sûre, et heureusement. Pourtant, en considération avec les gens qui marchaient devant, avançaient doucement, reculaient quelques fois pour laisser passer d'autres personnes qui elles ne savaient pas où elles voulaient aller, tournaient à droite ou à gauche, la main de Victoria se serrait encore plus fort sur celle de Jeanne. Au matin, sa mère l'avait appelée pour la prévenir qu'elle serait à Muzenn pour faire le marché nocturne, et avait requis la présence de sa fille aînée. Pas embêtante, Jeanne avait accepté l'offre, après tout, Muzenn, le soir, c'est encore plus joli qu'en journée, les lampadaires étaient allumés de manière à ce qu'on puisse quand même voir les étoiles, et puis, les vendeurs mettaient toujours plein de bougies autour de la table sur laquelle ils présentaient les objets lorsqu'ils allaient faire nuit noire. Si elle avait su que Victoria et les centaines de personnes seraient là aussi, elle y aurait peut-être réfléchi à deux fois…

Sa mère, à côté d'elle, fit carrément demi tour pour s'arrêter devant un stand de bijoux celtiques. Jeanne se retint de souffler, même s'il était évident, de toute façon, que personne ne l'aurait remarqué, lâcha la main de sa petite sœur, et, par élan fraternel ou simplement par bonne figure, allez savoir, alla la poser dans le haut de son dos pour l'orienter jusqu'à Marie. Jeanne la laissa marcher à quelques centimètres devant elle jusqu'à l'emmener directement à côté leur mère. Là-bas, Jeanne prit quelques secondes pour contempler les bijoux avant s'en lasser, et leva son nez vers les passants. Elle croisa le regard de plusieurs membres des familles de Muzenn, sourit à chacun d'eux, et un bruit de fracas s'éleva dans l'air, un grand garçon se hissa sur un stand, sous les hurlements de son propriétaire, et la situation fit agrandir le sourire de Jeanne, alors que tout le monde se retournait vers lui.

- Hey, les gars, moi, c'est Gab, mes copains et moi, on fait une soirée d'malade dans le jardin du soleil qui s'couche et…

Un jeune homme qui devait être avec lui lui attrapa la manche de son manteau pour l'abaisser et lui dit quelque chose que Jeanne n'arriva pas à entendre. Gab, parce que c'est ainsi qu'il disait qu'il s'appelait, se redressa soudainement avec un air sur le visage qui voulait dire qu'il ne comprenait pas pourquoi son copain venait de lui couper la parole et reprit :

- Ouais, dans le jardin du soleil couchant, c'pareil ! Bref, on s'rejoint là-bas !

Gab descendit presqu'aussitôt de la table, alors que le patron du morceau de bois continuait de jurer à son égard quelques insanités qui fit écarquiller les yeux de Marie et élargir encore davantage le sourire de Jeanne.

- Il n'y a vraiment plus aucun respect pour quoi que ce soit, ici. Si ce garçon est à Muzenn, il ne peut être qu'un Luskan.

Jeanne hocha la tête, en apparence d'accord avec sa mère, en même temps qu'elle suivait du regard le garçon qui venait d'inviter tout le monde dans le parc de Muzenn. Il était en train de scruter les gens, tout comme elle était en train de le faire avec lui, et s'avançait quelques fois vers eux, leur rappelant la soirée de ce soir. Leurs regards se croisèrent une demi seconde, et il n'en fallut pas plus pour qu'il s'avance vers elle.

- Rendez vous à vingt heures !

Elle ne répondit rien, et il répéta la même phrase à sa sœur avant de s'en aller vers une demoiselle à quelques mètres d'elles pour réitérer la proposition, et puis encore quelqu'un d'autre, et on finit par le perdre de vue. Jeanne baissa son regard vers Victoria qui rougissait légèrement, les yeux fixés sur ses chaussures.

- Jeanne, tu n'iras pas, n'est-ce pas ?, lui demanda sa mère.
- Bien sûr que non.


***


Jeanne prit le chemin du parc tout de suite après avoir dit au revoir à sa mère et Victoria. Il faisait déjà nuit, et vingt heures étaient dépassés depuis longtemps, mais ce n'était pas une soirée avec invitation sur carte, alors elle était presque sûre à cent pour cent qu'elle pourrait rentrer quand même, même en retard. Le monde était déjà bien moins amassé au marché nocturne lorsqu'elle repassa devant, et elle ne croisa pratiquement personne dans les rues du village, par contre, elle remarqua que le pub irlandais qui faisait l'angle de la rue dans laquelle elle rentrait était bondée, il y avait un match retranscrit à la télévision, ce soir, rien d'étonnant, donc et elle se décida à presser légèrement le pas en remarquant un lampadaire qui clignotait pour rejoindre plus rapidement le jardin du soleil couchant. Elle passa les grilles dorées et ouvertes qui annonçaient son entrée dans l'espace vert et continua tout droit. De nuit, on peinait un peu à remarquer les sculptures recouvertes de fleurs rouges que présentait le premier jardin qu'elle foulait. De temps en temps, il y avait quelques petites lanternes, mais on ne pouvait pas dire qu'on voyait correctement avec. Jeanne ne s'en étonna pas, parce qu'elle avait déjà visité tous les jardins qu'offrait le parc de nuit - un veilleur le surveillait quelques jours par semaine, et elle avait pris soin de les visiter toujours lorsqu'il faisait ses rondes, mais ce soir-là n'en faisait pas partie. Après avoir marché quelques minutes de plus, elle entendit le bruit caractéristique d'une fête : Les gens parlaient fort (ou criaient, peut-être ?) et riaient encore plus fort et Jeanne réajusta son sac sur son épaule en s'arrêtant quelques secondes au milieu du passage. Ce jardin, c'était un de ses préférés.

Elle fixa encore quelques secondes les lumières qui provenaient du parc qu'elle allait rejoindre, écouta encore un peu les conversations qu'elle entendait d'ici, même si elles ressemblaient davantage à un grand brouhaha qu'à plusieurs conversations tout à fait distinctes les unes des autres et recommença à avancer vers le jardin. Arrivée à destination, elle suivit directement les autres personnes déjà présentes, se faufila entre deux garçons en faisant attention de ne pas les pousser. Elle en poussa un quand même, s'excusa du regard et d'un sourire tout en continuant sa route jusqu'à s'arrêter à côté de membres de son école qui avaient fait un cercle devant un garçon de Luskan qui dansait.
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Teo Cioban
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MessageSujet: Re: Viens on va jouer dehors   Mer 12 Fév 2014 - 9:45

Teo passa un dernier coup de chiffon sur la table, le balança derrière le comptoir, ramassa son sac à dos et donna un tour de clef. Enfin libre ! Il était grand temps de rejoindre ses amis. Habituellement, le groupe se retrouvait dans le parc à la tombée du soir, tranquillement, entre eux, ou bien dans le garage de Gab, qui leur servait d’headquarters, surtout lorsque la température allait faire des vrilles dans les abysses négatives. Cette fois, cependant, Gab avait prévenu – il voulait faire la fête, et permettre au groupe de montrer, un peu, la nouvelle chorégraphie sur laquelle ils travaillaient. Les roues du skateboard crissaient sur le trottoir, mais il ne les entendait pas, le casque sur ses oreilles le coupant de la réalité environnante.

Il arriva bientôt au parc ; retirant son casque, il salua plusieurs personnes, les poings se cognant amicalement les uns contre les autres. Il y avait déjà du monde – il ne voyait pas Gab et Sonia, qui devaient encore être en train de faire de la pub s’ils n’avaient pas trouvé un coin tranquille en attendant de rejoindre les autres. Teo ne doutait pas qu’il l’entendrait arriver – Gab n’était pas connu pour ses entrées discrètes. Son ami devait être persuadé qu’une fête ne pouvait pas commencer sans lui…

- Et le voilà qui commence déjà à faire son show… Tu crois qu’il essaie d’impressionner la brune de gauche ou la blonde en face ?

Axel avait déjà commencé à danser, seul, et un groupe se formait autour de lui ; Teo rigola à la remarque de Thomas.

- Tu sais bien qu’il dit toujours que les blondes sont pour les petits joueurs…
- En même temps il tient rarement tête aux brunes…
- C’est qu’il veut toujours en goûter tellement ! Il ne sait pas s’arrêter. S’il pouvait se contenter de la première et vraiment l’apprécier, mais non…
- Tu exagères, il leurs fait honneur à toutes.
- Il en termine un peu vite.

Leur jeu de double sens et de remarques amusées s’interrompit ; le manque de place, les mouvements de foule, un regard qui se décroche alors qu’une fille passe entre leurs deux corps, bouscule Teo, se retourne, lui lance un sourire – c’était le regard absent de quelqu’un qui ne regarde pas vraiment, qui s’excuse par politesse mais ne sait pas à qui, et qui, si elle le recroisait, ne se souviendrait déjà plus de son visage. Elle continuait son chemin, comme si les deux garçons n’avaient pas existés, simples statues ornant les côtés du passage qu’elle se formait, son corps souple, déterminé, agréable. Elle avance, elle vit, insouciante, elle est déjà passée à autre chose, ne se soucie naturellement pas d’eux, rejoint un cercle, se fait une place, remercie son voisin d’un sourire, tourne la tête vers le danseur. Les deux garçons, au contraire, restaient coupés de leur état précédent, et continuaient à la suivre des yeux.

- Tu disais quoi sur les blondes, déjà ?
- Bah, y en a de meilleures que d’autres…
- Je te paie une Grim’, après.

Teo le remercia d’un sourire.

- T’as vu la nouvelle barman, d’ailleurs ? Blonde aussi…
- Nope, pas encore.

Tonnerres d’applaudissements à côté – Axel venait, après une figure particulièrement impressionnante, en tout cas aux yeux des autres, de mettre fin à son petit spectacle. Remerciant son public, il engagea immédiatement la conversation avec la blonde qui avait rejoint le cercle un peu après les autres. Thomas et Teo échangèrent un regard.

- Flûte.

Les deux avaient perdu leur pari. Thomas se mit à rire, d’un rire posé, agréable.

- Je lui donne deux minutes.
- Moi trente secondes.

Ils échangèrent un nouveau sourire complice, et Thomas, levant son bras, appuya sur le bouton de sa montre qui lançait son chronomètre.
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Jeanne d'Outreleau
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MessageSujet: Re: Viens on va jouer dehors   Mer 12 Fév 2014 - 22:14

La danse ne dura pas bien longtemps après son arrivée, elle n'eut le temps d'apprécier que quelques enchaînements (de très bonnes liaisons de mouvements, cela dit, on ne pouvait pas dire le contraire...) avant que le danseur ne s'arrête de bouger de lui-même. À côté d'elle, les gens applaudissaient, et elle allait pour faire de même, suivre le rythme, histoire de ne pas être à la traîne, mais le garçon qui faisait le spectacle quelques secondes auparavant s'approcha d'elle, un large sourire lui prenant tout le bas du visage – qu'elle lui rendit - et la coupa dans son élan.

- Alors, ça t'a plu ?
- Beaucoup. Tu danses vraiment bien.
- Luskan power, pas vrai ?

Jeanne sourit et répèta, le poing levé, cette fois, parce que ce n'est pas marrant de dire quelque chose de stupide si on est pas totalement ridicule lorsqu'on le fait :

- Luskan power !

Il se mit à rigoler, et Jeanne remarqua qu'il a une manière singulière de rire : Il fermait les yeux en penchant sa tête vers l'arrière et puis, il avait un rire très grave, ça dura quelques secondes, et puis il se redressa tout à fait naturellement, comme s'il avait fait ça toute sa vie.

- Ah... T'es marrante.
- C'est gentil, elle sourit de nouveau.

Il tourna vaguement la tête vers la masse de gens, un peu plus en retrait du spectacle dont il était le principal acteur, un peu tôt, leva son pouce en direction de deux garçons qui les regardaient puis se concentra de nouveau sur Jeanne qui haussa un sourcil en le voyant faire.

- Au fait, j'suis débile, j'en oublie les bonnes manières ! Moi, c'est Axel !

Le dit Alex lui prit la main pour l'embrasser et Jeanne eut un sourire de surprise , faisant apparaître les fossettes qu'elle avait sur les joues, se laissant cependant faire. C'était vieux jeu, le baise-main, mais ça ne la dérangeait pas plus que ça. Avec le signe qu'il venait de faire à ses copains, la technique de séduction qu'il avait déjà et très malhabilement débuté avait plutôt l'air d'être un jeu, pour lui. Jeanne ne s'en offusqua pas, c'est amusant, de voir les gens s'amuser, et encore plus si elle pouvait aussi entrer dans la danse.

- Et est-ce que ce joli visage a un p'tit nom ?
- Il en avait un, mais il l'a perdu en venant ici, vers la cité de Knossos, je crois.  .

Axel fronça les sourcils et leva son bras pour se gratter la tempe. Jeanne pouffa de rire devant la manifestation flagrante de l'échec de sa blague. Alors, elle inspira fort avant de pointer du doigt son nez, en espérant qu'il comprendrait qu'elle engloberait tout son visage, et donc elle-même toute entière, par la même occasion :

- … Il s'appelle Jeanne.
- Ahhh ! J'me disais bien qu'on pouvait pas perdre un nom !

Jeanne hocha la tête, en effet, on égarait difficilement un prénom au détour d'un chemin, même en le voulant très fort... Elle aurait du y réfléchir avant d'ouvrir la bouche.

- Dis-moi, Jeanne, j'peux te demander un service ?

Son ton, malgré son sourire, était assez sérieux, et par réflexe, Jeanne fronça les sourcils. Un service ? Il se connaissait depuis, quoi ? Deux minutes ? Est-ce que ça se faisait vraiment de demander des services aussi tôt ? Après, Jeanne n'était pas contre l'idée, c'était comme ça qu'on voyait les gens de bonne volonté, et puis, c'était étrange, de voir cet air adulte dont il manquait cruellement depuis le début de la conversation, et ça n'allait pas avec sa voix non plus, ça ne correspond en rien à ce qu'il représentait et montrait aux autres. Il y avait aussi cette impression qu'il préparait un mauvais coup, avec ses amis en retrait, mais peu importait, pour Jeanne.

- Un service ?
- Oui, un service.
- Et, quel service ?

Axel se rapprocha d'elle, son masque souriant contrastant toujours avec sa voix sombre et réfléchie.

- Et bien, voilà, j'ai deux amis qui sont en train de nous regarder et ils arrêtent pas de me vanner, genre j'arrive jamais à emballer une fille, bref, t'vois le truc.
- … J'adore ton vocabulaire. Et donc, le service, c'est que je sois la fille emballée, j'imagine ?
- Ce serait l'histoire de quelques minutes !
- Tu vas leur faire croire que tu m'as séduite en quelques minutes ?
- Hey, je suis un peu le maître de l'amour, ici bas, qu'est-ce que tu crois...

Alors comme ça, il disait que c'était pas un pari avec ses copains, mais un vrai service qu'il voulait qu'elle lui rende... Quand même, Jeanne pouffa de nouveau de rire devant le ridicule de la situation. S'auto-proclamer le maître de l'amour après avoir avoué que ses amis se moquaient de lui parce qu'il n'avait pas de petite copine, c'était risible, en même temps, mais en était-il simplement conscient ? Ne poussant pas davantage la réflexion plus loin, elle hocha la tête en attrapant une mèche de cheveux qu'elle enroula autour de son doigt.

- Ouais, hein, c'est bien ça, tu fais vachement bien la fille emballée !
- Des années de pratique ! , répondit Jeanne en battant des cils.
- Sérieux ?, Axel écarquilla les yeux.
- … C'était une plaisanterie.
- J'le savais !

Jeanne leva les yeux au ciel, toujours souriante, avant de lâcher la mèche de cheveux maltraitée qui se replaça aussitôt parmi les autres. Elle ne baissa pas la main pour autant, et préféra la placer sur son cou à elle où les doigts venaient chatouiller sa peau.

- Je ne crois pas pouvoir faire mieux niveau langage corporel, là.
- C'est parfait, t'inquiètes, change rien ! Par contre, j'vais aller l'dire à mes potes, si tu permets, alors j'te laisse là, ça t'dérange pas, j'espère ?
- Pas du tout, vas-y.

Un dernier sourire à Axel et il était déjà parti. Jeanne lâcha aussitôt son cou alors qu'elle levait les yeux vers le ciel tout sombre. Il n'y avait pas d'étoile, rien du tout, que du noir. En gardant le nez levé, elle croisa les bras sur sa poitrine.
Elle était toute seule, voilà.
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Teo Cioban
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MessageSujet: Re: Viens on va jouer dehors   Mar 18 Fév 2014 - 22:46

- …Tu vois ce que je vois ?

Thomas et Teo se regardèrent. Regardèrent Axel et la blonde. Se regardèrent. Regardèrent Axel et la blonde. Se regardèrent.

- Je n’y crois pas, il y a anguille sous roche…

Elle riait avec lui. Ils se parlaient – chuchotaient entre eux, complices déjà, penchés l’un vers l’autre, elle ne le quittant pas des yeux, Axel relevant la tête, un peu fier, un peu désarçonné aussi, et son petit côté gêné qu’il essayait de cacher sans y parvenir qui lui ajoutait encore du charme. Il avait l’air de lui plaire. Axel aurait-il plus de chance que d’habitude, cette fois-ci ?

Le collectionneur de râteaux lui balança un grand sourire, avant de s’éloigner d’elle pour se diriger vers Thomas et Teo. Teo qui, bien sûr le regarda d’un air interloqué. Qu’est-ce qu’il foutait ?

- Je te l’avais dit, qu’il y avait anguille sous roche !

Thomas poussa un soupir blasé. Axel était décidément irrécupérable.

- T’as vu ? T’as vu comme je l’ai emballée ?

Teo tapa sur l’épaule d’Axel d’un air encourageant, puis s’éclipsa sans que ce dernier ne le remarque, tout entier dédié qu’il était à raconter à Thomas comment il avait allumé des étoiles dans les yeux à Jeanne, parce que, oui, elle s’appelait Jeanne… Et qu’est-ce que tu sais d’autre sur elle ? Demandait Thomas d’un air amusé, inquisiteur, calme, mais surtout, sur le ton de celui qui sait parfaitement la réponse. Teo n’écoutait plus, Teo était trop loin déjà, Teo connaissait de toute façon par cœur la suite de la conversation. Thomas s’amuserait deux minutes, puis, au travers de ses interrogations plus ou moins rhétoriques, amènerait Axel à se rendre compte que, quand une fille montre qu’on lui plait, partir rejoindre ses amis en la laissant toute seule en plan n’était pas la meilleure des attitudes. Et Axel, qui ne s’en était pas du tout rendu compte, parce qu’il n’y avait pas pensé un seul instant, se confondrait en balbutiements d’excuses, gêné de lui-même, et incapable de rattraper le coup… Il oublierait quelques minutes plus tard, cela dit ; s’il était du genre à se plaindre des moindres petits soucis haut et fort, il oubliait vite, aussi, ses erreurs et celles des autres, et c’était ça qui était génial chez lui – l’impression permanente de renaissance, de renouveau, de fraîcheur. Il posa deux doigts sur le bras de la jeune femme, juste en dessous de l’épaule.

- Excuse-le, tu veux bien ? Il est vraiment gentil, tu sais. C’est juste, il n’a jamais su se mettre à la place des autres, il ne se rend pas compte des conséquences de ce qu’il dit et ce qu’il fait par rapport aux autres ; et quand il s’en rend compte, qu’on le lui dit, il tombe des nues, vraiment. C’est probablement l’une des personnes les plus naïves et les plus sincères que je connaisse.

Elle n’eut pas l’occasion de répondre – parce qu’un bolide lui fonça dessus.

- TEO !

Les doigts se refermèrent sur son avant-bras, l’obligèrent à pivoter.

- Ramène-toi ! On commence !

Gab. Oh, Gab. Teo sourit en le voyant, entièrement, sans rien retenir de sa joie.

- Deux minutes, j’arr…

Non, Gab ne lui laissera pas deux minutes. Sonia l’attrapa par l’autre bras – évidemment, Sonia était là. Contrairement à Gabriel, elle remarqua la fille à qui il parlait, la regarda bien, elle retiendrait, elle retenait toujours tout. Mais peu lui importait. Ils l’emportèrent tous les deux, rameutèrent Thomas et Axel au passage – Axel n’aurait décidément pas le temps de s’apitoyer sur son sort – hurlèrent pour savoir où était Matthys, et sans qu’on sache très bien d’où elle venait mais sans non plus se le demander, Emilie était là, sa présence silencieuse, attentive. Le groupe se réunissait. Gabriel attrapa un micro. Teo chercha la fille des yeux, mais il ne la trouvait plus. Il ne chercha plus.

- Bonjour tout le mooooooooonde ! Le moment que vous attendez tous ! Parce que bien sûr, vous n’êtes venus que pour ça, que pour nous ! Alors que la danse commence les amis ! Matthys ? Il est où Matthys, bon sang ? ..Oui non mais c’est pas grave, Sonia, je sais que j’ai encore le micro…

Pas besoin de voir Matthys pour savoir qu’il avait entendu. La musique changea. D’un coup. Et avec la musique, Gabriel et tous les autres se fondirent dans l’onde. Le son est mouvement. Le corps est mouvement. Ils étaient mouvement. Ensemble.

Ils s’étaient placés en hauteur, sur une estrade en bois qu’ils avaient bricolés pour l’occasion afin d’être vus par les autres. Le micro fila entre des mains inconnues, parmi les spectateurs. Il n’y avait pas tant de monde que ça – mais quand même. Muzenn était un endroit plutôt calme, et nombreux étaient ceux qui avaient voulu profiter de l’occasion et s’étaient déplacés par curiosité. Les petits groupes s’étalaient sur la pelouse, mais tous les yeux s’étaient tournés vers eux. Gabriel et le reste de la troupe avaient passé les derniers mois à travailler sur cette chorégraphie, et c’était la première fois qu’ils la jouaient en public. Et c’était… magique. Teo se lança dans la musique. Il aimait bien danser, et ça se voyait – il avait toujours passé plus de temps à danser qu’à dessiner, d’ailleurs, bien qu’il soit né Tresadenn. Il avait le diable au corps, il avait besoin de bouger, besoin de sentir chacun de ses membres, d’utiliser cet organisme à l’anatomie si complète. Besoin de se sentir en pleine santé, besoin de se sentir vivant. Tant qu’il pouvait. Adrénaline.

C’était une idée de Gabriel, ça, de le faire participer à la danse. Il n’était pas un Luskan, n’avait pas un don pour ça, contrairement à Gabriel, Axel, Thomas, Sonia et Emilie. Mais ils s’amusaient ensemble, et ils n’étaient pas du genre à refuser à leurs amis de s’amuser avec eux sous des prétextes élitistes quelconques. Puis il se retira – sauta de l’estrade, se perdit dans la foule. Laissa les cinq Luskan. Au fil de la chorégraphie, ils faisaient leur sortie – d’abord Thomas, puis Emilie, puis Axel, qui bien sûr eu son moment de gloire, lui qui savait si bien impressionner par ses figures de hip hop. Alors les deux derniers se tournaient autour, danse étrange où ils se retrouvaient pour mieux se séparer, danse à deux mais danse de confrontation pourtant. Puis Gabriel qui se retire. Qui laisse la vedette, la victoire à Sonia. Sonia sur qui tous les regards convergent. Sonia qui est un feu d’artifices à elle toute seule. Sonia qui danse, danse, danse, qui se perd dans la musique de Matthys.

Et puis tout s’arrête.

D’un coup.
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Jeanne d'Outreleau
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MessageSujet: Re: Viens on va jouer dehors   Jeu 20 Fév 2014 - 13:04

Jeanne n'avait pas peur du trop plein, elle aimait le monde, les gens en général, et trouvait toujours quelque chose à apprécier, quand les autres n'y parvenaient pas. Elle en aurait été jalouse, si les gens commençaient à aimer ce qu'elle voulait aimer toute seule, voilà bien le seul point positif à apprécier la solitude, quelques fois ; pas plus de quelques minutes, par contre. Le problème, donc, ce n'était pas le trop plein, c'était le vide, c'était le silence et rien autour. Ça faisait encore plus de bruit que le reste. Alors, rester toute seule, cette fois, comme toutes les autres, ne lui semblait pas une bonne idée, parce qu'elle ne savait pas le faire. Rester toute seule ? Et pourquoi faire, d'abord ? Petite, elle s'ennuyait trop vite, n'avait jamais su jouer sans quelqu'un avec elle, sombrait dans l'ennui aussi vite qu'elle s'endormait dans son lit le soir... Alors, ses parents l'avaient toujours entourée, et c'était quelque chose dont elle leur était redevable, parce qu'ils avaient vu qu'elle ne le supportait pas. Ils avaient toujours invité des enfants de son âge, et puis des adolescents, ensuite, avec qui elle pouvait rire, parler, ou simplement qu'elle pouvait écouter. Toute seule, Jeanne finissait très vite par s'effacer.

Et c'est triste, une Jeanne qui s'efface. Ça ne parle plus, ça ne bouge plus... Ça perd même son rose aux joues. Et une Jeanne sans rose aux joues, ce n'est plus grand chose.
Et Alex venait d'effacer Jeanne sans même s'en rendre compte, mais elle ne parvenait pas à lui en vouloir. Elle n'était qu'une fille qui lui avait rendu un service, dans une soirée. Elle ne pensait pas le revoir avant un moment, au village ou au château, s'il avait pour habitude d'y aller, sinon... Tant pis. Elle oublierait son nom d'ici quelques jours.

Elle sentit qu'on lui touchait le bras, mais ne comprit que c'était pour s'adresser à elle seulement lorsque la personne en question adressa ses premiers mots. Elle se retourna aussitôt pour lever les yeux vers lui, incapable de lui répondre, déjà parce qu'il y avait beaucoup de bruit autour, et puis parce qu'il semblait avoir quelque chose de précis à lui dire, et Jeanne était assez bien élevée pour ne pas lui couper la parole. Alors, elle le laissa parler, fronça les sourcils un instant, parce qu'elle ne comprenait pas. Je ne lui en veux pas, qu'elle allait lui dire. Pourquoi lui en vouloir, après tout ? Elle avait eu l'impression qu'il n'avait même pas commandé ses gestes lorsqu'il l'avait quittée pour rejoindre ses amis, comme s'il avait été absorbé par le flot de ses devoirs, il fallait qu'il parte, c'était soudain, mais gentiment quand même, il lui avait demandé la permission, alors comment lui refuser quoi que ce soit ? Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais un garçon attrapa le bras de celui qui venait de lui expliquer la situation, et son regard se leva vers le nouvel arrivant. Elle le reconnaissait, c'était lui qui lui avait proposé de venir à la fête, ce soir, et c'était aussi lui qui avait fait rougir les joues de sa petite sœur. Une autre fille de son âge fit son apparition, attrapa l'autre bras libre du garçon pour l'emmener avec eux. Elle arrêta de se concentrer sur ce qu'il se passait devant elle dans la seconde, comprenant que la conversation était close, et alors que les trois partaient vers la scène, Jeanne s'éloignait dans le sens opposé.

Jeanne ne quitta pas le jardin pour autant, mais préféra tout de même mettre peu de distance entre elle et la scène à présent remplis de Luskan, assez pour ne pas être aspirée par les gens tout devant, mais pas assez pour ne pas voir distinctement ce qui se passait en hauteur. Elle adressa un sourire à Axel, puisqu'elle venait de croiser son regard, mais ne se concentra pas tant que ça sur le spectacle. À vrai dire, elle commença à s'y intéresser seulement lorsqu'il ne resta plus qu'une seule personne sur scène, la fille qui avait coupé court à la conversation pour de bon un peu plus tôt. En plus d'être jolie, elle était drôlement douée...

Silence. Tonnerre d'applaudissements.

Et puis, le bruit reprit, peu à peu, c'était léger, au début, mais ça dérapa rapidement, petit à petit, les gens reprenaient leurs conversations, et d'autres en reprenaient d'autres, et on retrouva rapidement la cacophonie des débuts. Plus rassurant que ce qui l'avait précédée, elle le concédait. Une nouvelle fois, on la dérangea en lui touchant le bras, et une nouvelle fois, elle se retourna. Elle s'attendait à revoir le garçon, avec qui elle n'était pas parvenue à communiquer, un peu plus tôt, mais ce n'était pas lui... Elle ne se souvenait plus de son prénom, elle l'avait entendu, mais elle ne s'en rappelait plus. De surprise, elle sourit, doucement au début, avant de l'élargir d'un coup, soulagée de ne plus être toute seule.

- Hey, t'es revenu !

Axel lui rendit son sourire en hochant la tête, avant de lever les yeux vers la scène, vide à présent.

- Tu m'as trouvé comment, cette fois ?
- Très bien, comme à la première danse.

Elle mentit, elle avait à peine regardé, mais elle était sûre qu'il ne le remarquerait pas. Elle comprit qu'elle avait raison lorsqu'il bomba le torse de fierté, tout sourire sans même le remarquer, avant de reprendre une position plus penaude, en grimaçant.

- Au fait... J'voulais m'excuser, pour tout à l'heure, Thomas m'a dit que c'était pas cool de t'avoir plantée pour aller le rejoindre.
- Qui est Thomas ?

Il balaya la question d'une main, et Jeanne ne chercha pas à en comprendre davantage, et haussa les épaules.

- C'est pas grave, t'en fais pas... J'avais des trucs à faire, de toute façon.
- Et t'as encore des trucs à faire, là ?

Elle lui sourit en fronçant le nez, avant de faire non de la tête.

- Hey, ça te dit, que je te présente à mes copains ? Ils sont cools, tu t'entendrais bien avec eux !
- Pourquoi pas ?

Il se tourna, se mettant dos à Jeanne, et sembla chercher un de ses amis dans les environs. D'un coup, il leva haut la main pour faire des signes à deux personnes, un garçon et une fille,  et, parmi eux, elle reconnut le garçon à qui elle avait parlé tout à l'heure, avant la danse. Il pivota légèrement la tête vers Jeanne, toujours dos à elle alors que ses deux amis s'approchaient.

- Si on en rameute un, tous les autres vont venir voir ce qu'on fait ! Ceux qui arrivent, c'est Teo et Emilie !
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Teo Cioban
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MessageSujet: Re: Viens on va jouer dehors   Dim 23 Fév 2014 - 22:33

Emilie essuya les perles de sueur sur son front. Il avait beau faire froid en cette nuit de février, la danse avait le pouvoir de dégager une énergie incroyable… Elle avait tout de suite cherché les danseurs en sautant de l’estrade, incapable qu’elle était de partager ce moment avec quelqu’un d’autre, à supporter les mots, les regards et les gestes d’autres que ceux qui comprenaient de manière absolue ce que ce moment était pour elle. Elle avait trouvé Teo, elle avait rejoint Teo. C’était facile, agréable, leurs présences rassurantes l’une pour l’autre – il souriait déjà.

Il souriait toujours. Teo avait passé son bras autour de ses épaules, et ils avaient regardé la scène ensemble, chaque sortie, chaque détail. Ils s’étaient tendus en même temps, en arrivant aux passages qu’ils savaient compliqués pour leurs amis, ceux qui avaient fait l’objet d’heures et d’heures et d’heures de répétition à la suite, parfois tendues… et ils avaient applaudis comme des malades à la fin, à s’en détacher les mains. Teo ne sentait plus les siennes, elles fourmillaient de partout… Quand le bourdonnement des conversations repris, ce fut Teo qui parla. Elle se contentait de l’écouter en souriant, de répondre d’une petite phrase marquante et juste de temps en temps, pendant qu’il déblatérait des âneries. C’est elle qui remarqua Axel qui leurs faisait signe, et tira sa manche pour attirer son attention.

- On y va !

Les deux amis foncèrent vers Axel. Teo reconnut la fille en arrivant vers eux – ah, ils s’étaient retrouvés. Peut-être qu’Axel allait vraiment sortir avec, finalement… Il se sentit un instant mal à l’aise, ayant déjà oublié son nom, mais sourit quand même. Son portable vibra. Il le sortit négligemment de sa poche, regarda le nom qui s’affichait – « Ma. »

Teo aimait vivre le moment présent. Il aimait être entièrement, absolument dédié à ceux qui l’entouraient. Il n’était pas ailleurs. Et il avait toujours très peu utilisé son portable – il n’écrivait jamais à qui que ce soit, à part pour savoir où les retrouver. Il aimait les présences, il aimait être avec les gens, physiquement, entendre leurs voix, voir leurs visages. Mais « Ma. » « Ma. », il se devait de lire. Il tapa sur les touches de son appareil dinosaure, ouvrit le message.

Dana a mal supporté la troisième injection.

Teo sourit, largement, comme s’il venait de lire un message très gentil, ou très drôle. Il glissa son téléphone dans sa poche, comme si de rien n’était.

- Hein, Teo ?
- Mm ?
- Ben quoi, t’es dans la lune ?
- Complètement ! C’est trop bien, j’ai trouvé un cratère où faire du skate et quand t’es en bas tu t’allonges et tu regardes la Terre et les étoiles, c’est marrant !
- T’es con…

Axel explosa de rire, et enchaîna.

Teo se concentra sur les propos d’Axel, pour ne pas paraître perdu, ne rien montrer de son chamboulement interne. Il s’était toujours appliqué à ne pas laisser percevoir les élans sous-jacents de son existence, à ne jamais inquiéter ses amis avec ses problèmes. Ils étaient ensemble pour s’amuser, ils étaient là pour penser à autre chose, fuir les soucis de la vie pour se plonger dans les rires et l’amitié. Il ne voulait pas qu’ils devinent son inquiétude – il ne prendrait pas le temps de répondre au message, même s’il pouvait sans mal s’imaginer ce que cette phrase impliquait, les questions qu’elle portait. Viendrait-il ? La certitude de pouvoir perdre, à n’importe quel moment, un être cher, a tendance à changer son rapport aux autres… Emilie toucha le bras de Teo.

- Teo, tu peux aller me chercher un verre, s’il te plait ?

Teo regarda Emilie avec une tendresse, une douceur sans fin dans le regard. Cette fille était tellement attentive, avait tellement d’empathie, répondait avec tant de tact, tant d’affection à ce qu’elle ressentait chez les autres. Elle savait, elle le connaissait trop bien pour ne pas savoir qu’il n’avait pas la tête à la conversation, à cette soirée, à ce moment. Et pourtant il faisait bien semblant, Teo ; il avait toujours su faire très, très bien semblant.

- Mais, Emilie, je croyais que tu n’aimais pas boire…

Et Axel qui ne comprenait rien, toujours aussi à côté de la plaque. Toujours à dire exactement ce qu’il ne fallait pas au mauvais moment, sans même s’en rendre compte.

- Une limonade… Un diabolo fraise…
- Ah, d’accord !

L’explication lui suffit, et il sourit, avant de se retourner vers Jeanne et lui expliquer quelque chose que Teo n’écoutait déjà plus.

- J’te ramène ça de suite !

Il savait qu’Emilie serait là pour lui – quand elle disait « un diabolo fraise », il entendait « I’ve got your back » dans son regard. Elle se moquait bien qu’il ne lui ramène pas à boire, lui donnait simplement l’occasion de partir sans avoir à trouver une excuse ou une explication. Après, ce serait simple – mouvement de foules, personne croisée, oubli, il ne les aurait simplement pas retrouvés. Il avait tellement la tête ailleurs, de toute façon, Teo ! Elle ne savait pas ce qu’il se passait, et n’aurait absolument pas le mauvais goût de mettre son nez dans ses affaires ou de lui poser la moindre question. Tout ce qui importait, c’est qu’elle avait su, rien qu’au fait qu’il ait décroché des paroles d’Axel, qu’il n’avait rien à faire ici. Il savait que jamais elle ne reparlerait de ce moment ; jamais elle ne le lui rappellerait ; elle ne le compterait pas comme une dette envers elle, cela lui semblait tellement naturel, tellement normal, elle avait lu sa reconnaissance et ne voulait pas plus que lui se concentrer dessus. Elle oublierait, réellement, parce qu’elle était comme ça, Emilie, elle semait ses graines de gentillesse puis allait se promener dans d’autres jardins, laissant les fleurs pousser tranquille. Il fit un vague signe de main aux trois, puis fendit la foule. C’est seulement une fois dos à eux qu’il laissa son sourire tomber, et laissa toutes ses pensées tendre vers la même direction.

J’arrive, petite sœur.

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Viens on va jouer dehors

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