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 I know this place, it smells like innocence lost

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Jehan Saunier
Radioactive Monster
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Messages : 3
Date d'inscription : 09/01/2015

MessageSujet: I know this place, it smells like innocence lost   Sam 4 Avr 2015 - 18:31

La violence du rayon de soleil lui transperça la rétine aussitôt le voile de ses paupières levé. Un grondement emplit la pièce, guttural et rauque, alors qu’il se retournait pour engloutir sa tête sous l’oreiller tel un vampire fuyant la fatale lumière du jour, usant de ses draps comme d’une cape protectrice. Avait-il oublié de tirer les rideaux la veille ? Non, bien sûr que non. Il savait à qui il devait ce réveil brutal. Ô chère marâtre, tu ne perds rien pour attendre. D’une distorsion de ses traits naquit un horrible sourire vengeur gorgé d’une immaturité digne du pire voyou du quartier. Puis d’un geste aussi paresseux que déterminé, il rabattit les draps, s’en extirpa et posa la plante de ses pieds trop grands sur le carrelage hors de prix de sa chambre. Un élan et il se retrouva debout avec pour seul habit un sous-vêtement en tissu noir. Sans prendre la peine de mettre de l’ordre dans sa broussaille de cheveux noirs, il marcha jusqu’au placard duquel il tourna la poignée. Dans le miroir accroché à l’intérieur de la porte, son reflet lui renvoya son air hautain au visage tel un double moqueur de lui-même. Il pouffa puis détourna les yeux, étirant un bras vers un pantalon marine lui enserrant la taille ainsi qu’un haut délabré volontairement, pièce de mode onéreuse de type collection clochard. Pendant à son cou, une croix en argent, symbole d’une religion à laquelle il ne croyait plus depuis des années, mais dont il se plaisait à arborer l’instrument de torture.

Un coup de peigne et il émergea dans le couloir menant au grand salon, toujours pieds nus. Sur son chemin, il croisa leur cuisinière espagnole s’affairant aux fourneaux. De son accent à trancher au couteau, elle lui offrit de lui préparer des œufs, mais il refusa. La nourriture lui apporterait une satiété impensable dans son état d’esprit actuel, lui dont l’estomac criait vengeance plus que famine. Combler l’un étoufferait l’autre, et Jehan ne s’y plierait pas avant de bonnes heures. Il se servit un café plutôt, juste de quoi sustenter son ventre et lui apporter l’énergie nécessaire pour entamer la journée déjà bien avancée. L’horloge indiquait plus de midi, il était encore rentré à l’aube, la veille. On le suspectait parfois de traîner dans des lieux peu fréquentables vu l’heure à laquelle il rentrait, voire de se droguer, mais rien chez le jeune homme ne confirmait pareilles théories. Ses affaires ne concernaient d’ailleurs que lui, et la prochaine arriverait bien assez tôt, il en était convaincu.

Abandonnant sa tasse au trois-quarts vide sur le comptoir, il récupéra une paire de chaussettes propre dans la salle de lavage et les enfila dans le vestibule avant de les couvrir du cuir de ses bottes extravagantes à la pointe en triangle. Ainsi accoutré, il mit les pieds à l’extérieur et s’abandonna à une promenade de l’âme à travers les rues désormais familières d’une ville qui ne le serait jamais totalement. Il regretta vite et pourtant trop tard l’oubli de ses verres fumés avant de partir et poursuivit son arpentage en fronçant des sourcils. Arrivé au coin de la rue, il s’arrêta, jaugeant chacune des directions comme on se pose pour réfléchir à un tournant de vie. Personne nulle part. Il remit son destin entre les mains du hasard et opta pour la route de droite. Rien de fascinant que l’y attendit, pas même le cri d’un enfant brisant la monotonie du bruit des cigales. Jusqu’à ce qu’il comprit. Au loin, une silhouette prenait vie, cassant le quotidien par sa seule présence. Attiré vers elle comme un papillon vers la lumière qu’il exécrait pourtant avec force depuis son réveil, il vint à sa rencontre sans l’ombre d’une hésitation ni méfiance aucune.

-Vous seriez-vous égarée dans le dédale muzennien, ou êtes-vous seulement en fuite ?

Regard intéressé, curieux, perçant. Loin du sourire affable qu’il offrit pour accompagner sa charade. Jouer, toujours. Comme si la vie ne valait guère la peine qu’il s’y adonne sérieusement. Comme si, tel un enfant dans la cour d’école, il venait de rencontrer une potentielle camarade avec qui s’amuser, ou à utiliser contre ceux qui l’avaient odieusement jeté lors de la partie précédente. Alors il s’offrait, as de pique parmi les trèfles de la chance. Pas de rouge aujourd’hui, peut-être demain.
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Lyse Black
Avec Play-Doh c'est plus rigolo
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Messages : 18
Date d'inscription : 15/02/2015

MessageSujet: Re: I know this place, it smells like innocence lost   Sam 11 Avr 2015 - 15:06

Liv croqua dans un gros pain au chocolat avant de boire une grande gorgée de jus de mangue frais. Le café devant lequel elle était assise était petit, mais sa terrasse dépassait les autres en splendeur. De grands canapés, de grands parasols, de petites tables basses où poser son petit déjeuner. Et un grand soleil.
Lyse avait décidé d'être Liv aujourd'hui.
Ce matin, elle avait enfilé une légère robe verte qui lui arrivait aux genoux. Petite veste noire et son gros sac vert fluo. Liv était matérialiste, Lyse ne l'était pas. Liv adorait les belles choses, Lyse les ignorait. Et ce sac, il était tout pour Liv. Grand, fluo, hormis la couleur, il semblait être tout à fait ordinaire. Sauf qu'il ne l'était pas. Le sac de cuir était l'oeuvre d'un artisan Dorn. Vous vous demandez alors ce qu'il pouvait bien avoir de spécial ? Ce que Liv aimait dans ce sac ? Un seul nom vous mettra sur la piste.
Vous connaissez Mary Poppins ?
Je savais que vous alliez deviner. Oui ! Liv possédait un sac à l'égal de celui de la gentille nurse de Disney ! Un sac infini ! Et les Muses seules savaient ce qu'il renfermait.

Ses petites bottines noires enfilées, elle s'était évadée pour visiter Muzenn. Après tout, elle n'avait que cette occupation pour combler sa première journée. Que pouvait-elle bien faire d'autre ? Ses pas l'avaient emmenés dans cette partie de la ville et son ventre l'avait alors obligé à s'arrêter ici. Un pain au chocolat et un jus de mangue plus tard, elle observait les autres clients avec un éclat dans son regard.

Liv aimait le monde, Liv aimait sourire. Elle se sentait libre de toute contrainte dans ce corps, les regards ne la gênaient pas. Parce qu'il ne fallait pas le nier, une jeune fille aussi frêle qu'elle, de longs cheveux roses et des habits colorés, ça attirait le regard.
Elle décida de continuer sa visite. Laissant un pourboire au serveur, elle se leva et se remit en route, son sac fluo se balançant contre sa hanche. Les yeux trainant partout, elle gardait en mémoire chaque recoin de la ville, elle essayait de les mémoriser. Une vingtaine de minutes s'écoulèrent alors qu'elle flânait de rue en rue, sans la moindre idée d'où son chemin allait la conduire.
Elle marchait lentement lorsqu'elle entra dans une nouvelle rue, plus étroite et totalement dépourvue de vie. Son regard restait accroché à l'architecture des maisons, ses bottines claquaient contre la pierre de la ruelle. Et là, face à elle, une silhouette apparu. Lyse l'aurait regardé dans les yeux avant de l'ignorer superbement. Liv, elle, se serait presque jetée sur lui pour devenir son amie. Il avait un air de... elle ne savait pas trop. Mais cet air lui plaisait bien. Ce fut à ce moment précis qu'il lui adressa la parole. Eh bien oui, à qui d'autre ? Ils étaient seuls dans la ruelle.
Elle sourit à sa question.

- Egarée ? Peut-être un peu, et j'ai les pieds en compote. T'aimes ça la compote ?

Son rire clair résonna entre les maisons en pierre.

- Mais pas de pieds, de pommes, la compote !

Lorsqu'elle plongea son regard pomme dans celui de l'homme, elle vit l'éclat surpris qui y était apparu. Elle se pencha un peu comme pour faire une confidence.

- Mais tu n'as pas tord pour la fuite.

Liv était moins secrets.
Non, il n'avait pas tord. Mais il ne savait pas à quel point sa question tapait dans le vrai.
D'un coup, elle se redressa et tendit la main droit devant elle, en direction de l'inconnu.

- Moi c'est Liv !

Petit éclair rose qui vient troubler ta journée !





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Jehan Saunier
Radioactive Monster
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Messages : 3
Date d'inscription : 09/01/2015

MessageSujet: Re: I know this place, it smells like innocence lost   Mar 12 Mai 2015 - 21:26

Il y a de ces gens qui vous charment au coup d’œil, à coup de mots ; ils vous parlent. Non, ils chantent. Vos oreilles frémissent, votre cœur manque un battement, c’est délicieux. Vous en redemandez encore, convaincu de ne jamais en avoir assez. Le monde vous ouvre une fenêtre et vous tend la main. Il te comprend, t’a entendu, viens maintenant. Le sentiment suffit, le reste n’a aucune espèce d’importance.

-Je déteste toutes les compotes, mais j’aime tes pieds.

Des fruits écrasés, quelle barbarie. Le monde n’avait donc pas assez de se marcher dessus, il devait aussi s’en prendre aux pommes et les réduire en bouillie ? Pourquoi ne pas leur laisser leur honneur, les samouraïs y avaient bien droit, eux. Un coup de lame sur la tête et hop, tranchée en deux la pomme. Rapide, efficace, sans bavure. La race humaine méritait qu’on fasse de la compote de pieds, tiens. Des tartes et de la croustade, tant qu’à y être. Sweeney Todd avait compris comment marchait le monde, lui. L’inconnue, elle, marchait dessus, et Jehan aimait ses chaussures. Noires, comme les siennes. Tout le monde aime les points communs. Des chaussures n’étaient pas des pieds, certes, mais elle avait mal : il venait donc de rencontrer une aventurière. Quel périple menait ses pas si loin de chez elle ? Soudaine fascination pour le mariage du rose et du vert. Elle devenait belle, l’étrangère. Belle comme un contraste, comme un contre-jour. Peut-être l’était-elle avant, mais il n’était pas là lui, avant. Il ne pouvait pas savoir s’il en avait toujours été ainsi.

-J’en suis ravi.

Joie de voir ses doutes sur la fuite confirmés. Il ne perdait pas la main, et lui laissait volontiers le domaine des pieds. À chacun son champ d’expertise, après tout.

-Jehan, c’est un plaisir.

Un plaisir qu’il scella d’un baiser posé sur les phalanges de la main tendue avant de la lui rendre. Un plaisir tangible par le son de son rire, l’éclat de sa vue et la douceur de sa peau au goût de sel. Oh il lui inventait sans mal un parfum de pomme, à la demoiselle. Verte, la pomme, pour aller de concert avec sa robe. On le doit sans doute à Ève, ce bon ménage entre les fruits et les femmes. Fruit de la passion, fruit de la chair, chair de poule, poulette. Trois petits chats. Un de ruelle traversa la rue, pauvre matou passant complètement inaperçu aux yeux de Jehan. Gracieux nonobstant son statut de sans-abri. Le monastère ne fait pas le moine, mais personne n’en parle jamais du monastère, pourtant il en existe de plus jolis et de plus grandioses que d’autres. Ah, la religion est pire que la mode avec son obsession des vêtements, mais cessons de tergiverser. L’odeur de pomme, bien qu’imaginaire, ravivait l’immensité du gouffre au creux de son ventre.

-Dis-moi Liv, est-ce que ton électrisante compagnie m’accompagnerait pour déjeuner ?


L’appétit en éveil, il voulait tout dévorer de sa nouvelle amie, tout connaître, de sa saison favorite à son avis sur l’emplacement des sorties de secours. Les bâtiments en comprenaient plein, de celles-là, mais pas dans la vie. Non, pas de panneau lumineux dans la vie pour indiquer le chemin à prendre en cas d’urgence, ni où aller quand le Toi s’effondre. Que fuyait Liv depuis si longtemps, pour réduire ses pieds en compote ? Peut-être savait-elle où en trouver, des portes de secours, elle. Pas qu’il cherchait à en prendre une, mais il était toujours prudent de savoir où en dénicher en situation de crise.

-C’est la maison qui offre.

Pas lui, mais la maison, et la maison appartenait à papa, relié à fiston par la carte de crédit nichée derrière la deuxième languette de son portefeuille en cuir bleu ; une vieillerie parmi tant d’autres à Muzenn. Pas grand-chose ne se renouvelait, dans le coin, à part les générations. Ah, si, les saisons. Il fallait vraiment qu’il pense à lui demander sa préférée.

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